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La Diagonale des Yvelines 90 km

LMDY

Cette année, je n’avais pas prévu de courir d’ultra, contrairement aux années précédentes, du fait d’une blessure au pied contractée avant le Grand Raid du Morbihan et qui m’avait fait abandonner sur celui-ci. Après une longue pause forcée de 2,5 mois de la course à pied, j’avais repris mi-septembre, très laborieusement la CAP en ayant tout à réapprendre. Puis, au fil des mois, et particulièrement depuis février 2019 où l’enchaînement des marathons se faisait avec des chronos décents, je me décidais à m’aligner sur un petit ultra afin de reprendre goût à ce format de course.

J’entraînais dans ma suite Nico et Eric du club : c’est toujours plus sympa à plusieurs !

Après une préparation conséquente (11 marathons pour borner), je me retrouvais à 8 heures du mat’, avec mes 2 compères, dans le charmant village de Châteaufort-en-Chevreuse, lieu de départ de cette première édition de la Diag78. Il fait beau mais nous savons déjà que nous aurons à subir une grosse chaleur durant toute la journée.

Le départ est donné et immédiatement, la route s’élève par des escaliers afin de rejoindre le plateau qui va nous conduire à travers ce magnifique parcours forestier du Parc Régional de la Vallée de Chevreuse. Panoramas somptueux et très variés, des étangs autour desquels les touristes s’agglutinent pour pique-niquer, courir ou pêcher.

Pour le moment, notre petit groupe se relaie au fil des kilomètres à un rythme soutenu (5’41 au km) à un certain moment : je juge l’allure beaucoup trop rapide, même si nous sommes déjà relégués dans la seconde partie du peloton. Nous avons la chance d’être sous le couvert de la forêt et donc, de ne pas ressentir la chaleur.

St Arnoult, Clairefontaine, Rambouillet, les kilomètres s’enchaînent en douceur au milieu des haras et des belles propriétés et toujours ces nombreux étangs plus jolis les uns que les autres. Cependant, le premier aléa de la course survient un peu avant Vielle-Eglise au km 27, point de ravitaillement, où Nico, qui ne relayait plus et même décrochait de plus en plus, nous annonce qu’il n’en peut plus et préfère abandonner, la mort dans l’âme. Décision plus que raisonnable au vu de la distance qui reste à effectuer. Nous repartons donc sans notre benjamin de l’ASM en ayant une grosse pensée pour lui car l’abandon n’est jamais aisé à digérer.

Nous traversons à présent une forêt que je connais bien puisque nous longeons les étangs de Hollande, qui emprunte une bonne part de l’Hivernale. A 3 km de St Léger, je sens que je suis en surchauffe. Comme me le fera remarquer Eric après la course, je ne me suis pas assez hydrater jusqu’à présent et les effets se font rapidement ressentir. Je laisse partir Eric au 39ème km et adopte un rythme plus conforme à ma forme. Je vide mes flasques d’eau afin de recharger le corps en sels minéraux en attendant de refaire le plein au ravito de St Léger. J’y retrouve Eric qui repart presque aussitôt et Jean-No qui attend le départ du 48 km.

Après avoir ingurgité pastèque, Tuc, banane et bu tout mon saoul, je redémarre pour me coltiner une belle côte immédiatement. 3 kilomètres plus loin, je crois avoir une hallucination en apercevant Valérie. C’est bien elle qui m’attend avec une bouteille de St Yorre bien fraîche que je m’empresse de liquider. Le tracé serpente à nouveau à travers la forêt sur un chemin plus difficile à appréhender du fait de la présence de grosses flaques d’eau, voire de boue, jusqu’à Gambaiseuil.

A Orgerus, km 60, je retrouve Valérie au ravito. Un coureur abandonne à ce niveau-là devant l’insistance de la sécurité Civile au vu de son visage défait. J’ai moi-même la tentation de renoncer devant la chaleur et le fait que nous allons devoir traverser la plaine à travers champs sans possibilité de se mettre sous la protection des bois.

Finalement, je décide de repartir jusqu’à Septeuil et d’aviser là-bas. La traversée des champs via Behoust, sera effectivement un calvaire pour tout le monde. Les premiers coureurs du 48 km commencent à me doubler à ce moment-là non sans me donner un petit mot d’encouragement au passage.

Deux kilomètres avant Septeuil, au sortir d’un bois et en pleine descente, 2 coureurs en sens inverse m’encouragent à leur tour. Je lève la tête brièvement et reconnaît Sylvain et Thierry, membres de l’ASM Maule qui, eux, ne m’avaient pas reconnus ! Il faut dire que cela n’était pas aisé avec ma casquette et mes lunettes de soleil. Ils venaient en fait à la rencontre d’Eric qui apparemment s’était égaré et avait zappé le ravito de Septeuil. Dès lors, les 2 compères vont m’accompagner jusqu’au bout de l’épreuve.

A Septeuil, je refais le plein d’eau une dernière fois. Je sais dorénavant que j’irai au terme de l’épreuve. Arrive Jean-No qui me rejoint au ravitaillement. Mais il va beaucoup trop vite pour que je puisse espérer prendre sa foulée. En plus, dès que le relief s’élève un tant soit peu, je suis obligé de marcher au vu de l’accélération cardiaque qui me met dans le rouge immédiatement.

Heureusement, le dénivelé n’est pas très important et, grâce à mes 2 St Bernard, nous arrivons à avoir une allure de course décente. Passage devant la pisciculture de Villette, traversée de Rosay puis Vert où une redoutable côte nous attend. Hors de question de courir et même la marche me paraît difficile. En me retournant, je m’aperçois que les coureurs, derrière moi, ne sont guère mieux lotis.

Arrivés au sommet, rencontre inopinée avec ValérieL et Juliette de l’ASM également, juste avant le ravito de Breuil Bois Robert. On termine ensemble la montée en marchant et au ravito, petite photo pour la postérité ASMienne.

Après cette brève pause, nous repartons pour une longue descente vers la coulée verte de Mantes la Ville où je retrouve JPE qui se joindra à nous jusqu’à l’arrivée. On longe la Vaucouleurs, superbe petite rivière, au milieu des promeneurs jusqu’à la sortie du parc où nous arrivons sur la sortie d’autoroute de l’A13, beaucoup moins glamour. Passage nécessaire et heureusement assez court avant de rejoindre les quais de Seine et le passage au pied de la Collégiale.

Ultime montée sur le pont de Limay avant de bifurquer dans l’Ile Aumône et de rejoindre triomphalement l’arrivée située au sein du Parc des Expositions. C’est fou comme la fatigue s’évapore dès qu’on s’approche du finish ;-).

11h38 au final pour une 27ème place anecdotique et fin de la mauvaise série d’abandons sur ce type de distance. Le principal objectif de l’année étant rempli, je peux à présent repenser à un retour sur les 177km du Grand Raid du Morbihan en 2020.

Spéciale dédicace à accompagnants du jour, Titi, Sylvain et JPE, qui ont été magnifiques de dévouement et à Valérie qui m’a bien supporté aujourd’hui alors que c’était notre anniversaire de mariage.

A toutes celles et ceux qui veulent, un jour, aller voir ce qu’il y a au-delà de la distance du marathon, dites-vous bien que c’est l’un des formats où demeure un certain esprit d’aventure. Rien n’est écrit à l’avance : la réussite comme l’échec doivent être appréhendés dès la préparation. Chaque kilomètre parcouru vous fera alors découvrir une facette inconnue de vous-même et vous rendra plus fort.

 

 

 

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Commentaires 6

Bikila le mercredi 26 juin 2019 12:42

Bravo Laurent, tu es vraiment costaud pour trouver les forces nécessaires sur ce type d'ultra trail. Je t'avoue que ton récit ne me donne nullement envie de m'aligner sur cette épreuve malgré que je connaisse assez bien le secteur.
Bonne récup.

Bravo Laurent, tu es vraiment costaud pour trouver les forces nécessaires sur ce type d'ultra trail. Je t'avoue que ton récit ne me donne nullement envie de m'aligner sur cette épreuve malgré que je connaisse assez bien le secteur. Bonne récup.
DingDong le mercredi 26 juin 2019 20:08

Bravo, ça n'était pas facile avec une telle chaleur !

Bravo, ça n'était pas facile avec une telle chaleur !
grenouille le jeudi 27 juin 2019 08:32

Bravo Laurent, quelle endurance magnifique !????

Bravo Laurent, quelle endurance magnifique !????
MarieNo le jeudi 27 juin 2019 18:41

ça se mérite la Diag 78 apparemment pô facile, tant le parcours que la chaleur. Plus sûre du tout de vouloir m'y coller l'année prochaine

ça se mérite la Diag 78 apparemment :p pô facile, tant le parcours que la chaleur. Plus sûre du tout de vouloir m'y coller l'année prochaine :D
Aïolirun le samedi 29 juin 2019 07:08

La photo de ton arrivée est à l'image de ton récit ! de la Grande aventure l'ultra même pour un centenanire ! Bravo à toi !

La photo de ton arrivée est à l'image de ton récit ! de la Grande aventure l'ultra même pour un centenanire ! Bravo à toi !
LeGna le mardi 2 juillet 2019 06:26

Cela fait bizarre de ne pas te voir déguisé malgré le "Masque" de fatigue que tu portes. Grand Bravo Laurent

Cela fait bizarre de ne pas te voir déguisé malgré le "Masque" de fatigue que tu portes. Grand Bravo Laurent ;)
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Invité
mardi 16 juillet 2019