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Marathon de Paris 2018 : Déjà 30 ans !

Souvenirs, souvenirs, le 15 mai 1988, je m'alignais au départ de la 13ème édition du Marathon de Paris pour ma première expérience sur la distance mythique. Nous étions alors un peu plus de 8000 coureurs et dans mon souvenir ce peloton me paraissait phénoménal. 30 ans plus tard et avec 204 marathons au compteur, j’ai trouvé l’idée intéressante et symbolique de courir une nouvelle fois ce marathon qui a changé à bien des égards. Dans le milieu de la course à pied, j'ai souvent entendu des jugements très sévères à l'égard de l'épreuve parisienne. Fort de mes 6 participations, je ne me rallie pas du tout à ce concert de critiques qui ne me paraissent pas toujours bien fondées. Oui, je sais, le dossard est cher, le public pas très enthousiaste, ceci, cela …. Tant pis pour les grincheux, je ne boude pas mon plaisir de revenir courir le MDP.

Cette petite introduction pour vous redire combien j'étais heureux de participer à la 45ème édition de cette course désormais baptisée Schneider Electric Marathon de Paris. Ma joie a été toutefois un peu modérée par le renoncement forcé de Mireille à m'accompagner dans ce déplacement en raison des incertitudes qui pesaient sur la possibilité d'un retour dimanche soir. La SNCF nous avait d'ores et déjà prévenu que notre TGV du dimanche était annulé et c'est donc sans aucune solution pour le retour que je prenais la direction de Paris vendredi midi. C'est vers le Marathon Expo de la Porte de Versailles que je me dirigeais aussitôt débarqué à Paris pour retrouver les amis Laurence et Jean-No. Les guichets de remise des dossards étaient alors déserts et c'est donc en deux minutes que ce fut réglé pour moi. En revanche, la procédure a été un peu plus compliquée pour le dossard de Gilles qui m'avait chargé de cette formalité mais tout s'est finalement bien terminé lorsque j'ai enfin réussi à avoir l'information du stand où j'allais pouvoir trouver son dossard. Une visite du Salon du Running au cours de laquelle je rencontrerai quelques têtes connues. Tiens, salut Jean-Pierre ! Mais je ne m'attarderai pas davantage dans les stands des marques qui n'offrent pas de véritables bonnes affaires. Nous rejoignons ensuite l'appartement loué pour le week-end qui présente l'avantage d'être en proximité des zones de départ arrivée et qui, de plus, va se révéler particulièrement spacieux et confortable. Merci Airbnb !

Comme à notre habitude, un TUT nous semblait incontournable à la veille du marathon. Jean-No avait préparé un circuit plutôt sympathique qui nous en a mis plein les yeux avec l'Arc de Triomphe, la descente des Champs Elysées, la Concorde, le Jardin des Tuileries, le Louvre, les quais de Seine, la Tour Eiffel, le Trocadéro ... Même Jean-No qui avouait ne pas trouver de charme à Paris la veille s'est dit séduit par ce parcours royal. Au total une bonne douzaine de km de pur bonheur avec de nombreuses poses photos. Je termine en beauté ma matinée à la Gare St Lazare où après un peu d'attente, je réussis à échanger mon billet de retour sur un autre train qui, lui, est confirmé dimanche. Voilà une bonne chose de faite. Samedi soir, nous avons rendez-vous pour la Pasta CLM qui se tient comme d'habitude au restaurant Vesuvio en haut des Champs Elysées. Une soirée animée et joyeuse sous la présidence de notre gourou Riri 1er tout heureux à l'idée de courir le marathon avec sa fille Mélanie. Il y a là du beau (Courir Le) monde. Le Maroc est présent avec Mounir en famille, Gilles et Fabien tous deux en quête d’un PB, Jean et Victoria, Guillaume avec son épouse et Géraldine que je n’avais pas encore rencontrée. Retour à l'appartement à une heure très raisonnable. Dans les chambres, toutes les affaires sont minutieusement alignées et déjà prêtes pour le grand moment du week-end.

Regroupement des CLM à 8h00 dimanche matin au pied de l'Arc de Triomphe pour les photos. Les déguisés sont minoritaires avec Pascal, Chantal et Gilles mais ils mettent de la couleur à notre groupe. Le temps de souhaiter un joyeux anniversaire à Patrick et avec Jean-No, nous filons vite vers notre sas des 3h15 dont le départ est prévu à 8h32'. C'est là que je retrouve les brédois Pierre-Antoine et Olivier qui n'ont pas l'air très confiant faute d'un entraînement sérieux. C'est d'abord le couloir droit de notre sas qui s'élance et je regarde le flux continu des coureurs défiler pendant de longues minutes, vraiment impressionnant!  Puis, c'est enfin notre tour et nous sommes libérés pour dévaler cette superbe avenue. Avec ce système de vagues, pas de bouchons ni de bousculade et nous pouvons prendre notre rythme immédiatement. Ce début de course est plutôt favorable avec une légère descente qui a tendance à nous faire courir plus vite que prévu. Il y a du public mais, sans doute encore un peu endormis, les spectateurs restent un peu avares d'encouragements. Au premier ravitaillement Place de la Bastille, je prends le temps de saisir une bouteille d'eau avec bouchon afin de la conserver et me permettre de m'hydrater régulièrement même entre les ravitaillements. Le soleil brille déjà fort et je me dis que nous allons avoir bien chaud. Je suis toujours aux côtés de Jean-No qui me paraît assez à l'aise. Avant le Bois de Vincennes nous doublons l'ami Gilbert plus connu sous le nom de Jésus mais qui a troqué son déguisement habituel pour un bastrock (jupe Hawaïenne) et un collier de fleur. Plus loin ce sera Petit Jean que l'on rattrape alors qu'il a été positionné par erreur dans le sas des 3h00.

En passant devant l’animation du Bois de Vincennes, je ne peux m’empêcher d’avoir la nostalgie d’une fameuse bande d’allumés CLM qui mettaient le feu à cet endroit et nous régalaient au passage. Ou êtes-vous Basilio, Runfrunfrun, Edhistoire, Anne et tous les autres ? Barbara nous avait prévenus qu'elle serait positionnée entre le 15 et 16ème km et nous ne manquons pas de nous arrêter pour lui faire une bise pleine de sueur. C'est très sympa de retrouver des têtes connues pour nous encourager. Au passage devant l'hippodrome de Vincennes, je porte un regard vers la Grande Piste en me remémorant qu'il y a 30 ans la ligne d'arrivée se situait à cet endroit et que je n'étais pas bien frais en la franchissant.  Et dire que j’avais annoncé à Mireille ce jour-là, tout grelottant et en pleine hypoglycémie, que le marathon c’était terminé pour moi. J’ai certainement déjà fait part de cette anecdote mais elle prend encore plus de sel aujourd’hui.

En parlant de ligne d'arrivée, celle du jour est encore bien loin. Nous voilà de retour dans Paris intra-muros et le semi-marathon est atteint en moins d'1h42. Tous les voyants sont toujours au vert même si le soleil tape de plus en plus fort. Je tente de faire baisser la température en me mouillant la tête régulièrement. Après un nouveau passage à Bastille, nous attaquons les quais de Seine et je préviens Jean-No que nous en avons pour un moment et qu'il va falloir être prudent sur les sorties de tunnels. En effet, ces petites montées qui n'ont l'air de rien se révèlent bien traîtres et usent les muscles qui ont déjà accumulé une bonne dose de fatigue. Je trouve au moins un avantage aux passages dans les tunnels c'est que nous sommes à l'ombre et en plus il y a des animations. Avant de passer près de la Tour Eiffel et d'atteindre le 30ème km, je me retourne mais je ne vois plus Jean-No. Je ne sais pas s'il est devant ou derrière mais j'ai beau regarder tout autour de moi, je ne le retrouve pas. C'est aussi à ce moment que mon rythme passe au-dessus des 5' au km. Ça ne m'alarme pas et en fait je m'y attendais un peu. Dans ma tête il y a le souvenir du marathon de Montauban deux semaines auparavant et je me dis que je suis en bien meilleure situation aujourd'hui. Nous quittons les bords de Seine et après un passage devant l'hippodrome d'Auteuil, nous voilà dans le Bois de Boulogne. Après la cohue des quais, le calme est soudain revenu et j'avoue que ce n'est pas la partie du parcours que je préfère. Cette longue ligne droite de l'Allée de la Reine Marguerite me semble interminable. Je double bon nombre de concurrents qui se sont mis à marcher. Je jette un œil sur ma montre et je vois que pour rester sous les 3h30, il va me falloir remettre un peu de gaz. Mais je n'ai pas le jus suffisant et sans doute qu'une partie de mon cerveau pense déjà aux échéances des prochaines semaines. Alors à quoi bon risquer une blessure en tirant trop sur ces derniers km. Dernier rond-point noir de monde et c'est l'avenue Foch avec cette ligne d'arrivée qui est franchie en 3h30'57".  Le bilan est très positif et je suis tout heureux de recevoir cette médaille dont le design est discutable mais le t-shirt Finisher est très beau. Finalement Jean-No arrivera en 3h44' et nous pourrons boire cette bonne bière à laquelle j'ai souvent pensé pendant les km les plus difficiles. Laurence nous rejoindra un peu plus tard avec un sourire plus serein qu’au départ.

Le jour où la chrysalide a éclos
 

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Invité
samedi 16 février 2019