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Marathon de Montauban 2018 : Deuxième étape du défi

Marathon de Montauban : Dimanche 25 mars 2018 8h30

Dans la phase toujours excitante de préparation de mon calendrier marathons pour l'année, j'avais bien relevé que ce week-end était l'occasion d'un petit défi comme je les aime. Enchaîner deux marathons en deux jours, je l'avais déjà fait que ce soit l'an dernier avec Royan et Nantes en bonne compagnie CLM ou encore en 2014 du côté de Clonalkity en Irlande avec mon compère J-No. Mais cette fois, il y avait une petite dose de piment supplémentaire avec la réduction de l'espace-temps puisque le Marathon de Bordeaux se déroule en nocturne. Un temps, ce challenge semblait séduire mon ami Samuel mais qui finalement se défilera. Proposé à Christophe, je n'ai sans doute pas eu les arguments suffisants pour le convaincre de m'accompagner dans ce périple. Même seul, je restais motivé au grand désarroi de Mireille qui n'approuvait pas cette nouvelle folie même si elle décidait de m'accompagner par amour. Ce n'est que quelques semaines avant l’échéance que je réalisais qu'un nouveau paramètre allait encore compliquer mon entreprise. Ce maudit changement d'heure que je dénigre depuis bien longtemps allait intervenir justement dans cette nuit du coup encore davantage écourtée. Qu'à cela ne tienne, je composerai avec cette nouvelle difficulté.

De retour à domicile après le marathon de Bordeaux, je réalise vraiment que la lutte contre le temps va être serrée. Je regarde la pendule qui affiche déjà 1h15 et je sais qu'en fait il me faut l'avancer d'une heure pour planifier un départ vers Montauban à 5h30 nouvelle heure qui nécessite un lever à 4h45. Je choisis donc de privilégier le repos et me couche à la sortie de la douche. J'avais prévu un encas de récupération que je sacrifie à la fois pour gagner du temps de sommeil mais aussi par manque d'appétit à cette heure de la nuit. Une chose est de se coucher mais une autre est de s'endormir. Est-ce l'effet de l'excitation du marathon bordelais qui n'est pas encore retombée ou bien les questions qui se bousculent dans ma tête sur le déroulement du marathon à venir? Le sommeil me fuit et lorsque je commence juste à somnoler, je me réveille en sursaut en croyant avoir manquer l'heure. Je me lève en me disant qu'au moins, j'ai reposé mes jambes qui d'ailleurs ne me donnent pas de signes inquiétants. Nous voilà donc en route pour Montauban sous une météo toujours aussi triste. L'autoroute est déserte et le voyage se passe bien.

Lors de la cérémonie des Run d'Or 2018 à Bouliac, j'avais rencontré Jacky qui semblait intéressé par mon parcours de marathonien. Lorsque je lui évoquais mon idée d'enchaînement, il me confia que Errea, la marque dont il est le représentant pour le sud-ouest, était partenaire du Marathon de Montauban et qu'il pouvait par conséquent m'offrir le dossard. Par la suite, il me proposa même de devenir Ambassadeur de la marque Errea sur quelques courses prévues à mon agenda. C'est donc dans ce nouveau rôle et paré d'une belle tenue que je me prépare pour la deuxième étape. Ici, ce n'est pas la foule de Bordeaux et comme seuls les marathoniens sont conviés au premier départ à 8h30, il n'y a pas de bousculade sur la ligne. Je ne sais pas trop quel rythme adopter mais dès les premières foulées, les sensations sont étonnamment bonnes et je me glisse derrière le petit peloton qui suit les meneurs d'allure 3h30. Je préfère être dans un groupe et je me dis qu'il sera toujours temps de rectifier si la situation l'exige. Le marathon est composé de deux boucles identiques. La première partie du circuit ne présente vraiment pas d'intérêt et je me réjouis vraiment d'avoir de la compagnie pour échanger. Puis nous revenons en centre-ville avant de nous engager sur des chemins le long du Tarn. Il y a quelques petites buttes sur lesquelles je décroche un peu du groupe mais j'ai la surprise de pouvoir revenir sans trop forcer dès que le profil se radoucit.

Avant la mi-parcours, nous passons sur le très beau Pont-Vieux et c'est à ce moment que je me raisonne pour réduire mon allure afin de gérer cette deuxième boucle que j'appréhende un peu. J'aperçois Mireille au dernier moment et je lui indique que je commence à sentir la fatigue. Mais je ne croyais pas si bien dire et en quelques kilomètres, c'est un véritable coup de massue qui me tombe dessus. J'ai l'impression de ne plus avancer, je n'ai pas de douleur mais je suis anéanti, comme privé d'énergie. Je vois mon rythme fondre comme neige au soleil et je commence à compter les kilomètres qui défilent beaucoup moins vite dorénavant. Je tente de recharger les batteries aux ravitaillements avec quelques sucreries mais rien n'y fait. Je me résigne en voyant des concurrents me doubler sans que je puisse avoir le moindre espoir de m'accrocher à leur foulée qui me semble si légère. Ils sont bien longs ces derniers kilomètres et c'est avec mes ultimes ressources que je me motive pour rester sous les 4h00 à l'arrivée. Avec une nouvelle médaille autour du cou, je retrouve Mireille qui me conseille judicieusement de profiter du massage qui va me permettre de m'allonger et de récupérer un peu de force. Je ne suis guère vaillant et à peine capable d’ôter mes chaussettes. J'apprécie ce moment de répit tout autant que les mini saucissons du ravitaillement d'arrivée. Ce n'était pas facile mais je l'ai fait. Pas du tout comme je l'avais prévu mais qu'importe. En reprenant la route, il nous semble plus prudent de faire une halte sur la première aire d'autoroute et cette fois, je n'ai aucune difficulté à m'endormir. Une bonne sieste réparatrice avant un retour sous les airs entraînants de Massilia Sound System et son "Dimanche aux Goudes", notre titre fétiche du moment. Un grand merci à Mireille qui a été à mes côtés pendant toute cette belle aventure et qui a pris soin de moi.

Le jour où la chrysalide a éclos
 

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Invité
samedi 16 février 2019