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Kyoto 2014 – Mon demi-doublé japonais

Après quelques mois de préparation et d’attente, notre plus long voyage débute. Le japon nous tend les bras, 5Toes / Thierry et Miyuki sont sur place et vont nous coacher pendant le séjour ; conditions idéales pour profiter pleinement de ce monde lointain dont les différences avec le nôtre peuvent impressionner.

J’ai en poche mon dossard pour le marathon de Kyoto le 16, et seulement un espoir pour celui de Tokyo le dimanche suivant, les
loteries du mois d’aout dernier nous ayant réservé des fortunes diverses. Ce mercredi 2 avril en début d’après-midi, nous décollons pour Tokyo à bord de l’Airbus A380 d’Air France ; LN est très impressionnée par la taille du monstre, et la durée du vol : il nous faudra presque 12 heures pour rallier la capitale de l’ex-empire du Soleil Levant. Un survol de l’Europe du Nord un peu chaotique ne la rassure pas : comment un engin aussi gros peut-il être sujet à tant de turbulences ? Heureusement le confort à bord atténue ces sensations, et la situation se stabilise …Quatre heures après le décollage, il fait nuit ! On vole contre le temps
et on plonge dans la nuit à 950km/heure. Six heures plus tard, le jour s’est à nouveau levé au dessus de Khabarovsk, on survole la Russie et on pique sur Tokyo… Après 11h45 de vol, le gros oiseau se pose en douceur. 11h45 ? Mon esprit malade me dit que ce serait un bel objectif pour les 100km de Belvès dans 2 mois ! Mais chaque chose en son temps, Ohayo gozaimazu Japan !

A la sortie du Narita Express en gare de Tokyo, un premier signe de la top organisation de ce séjour : la porte du wagon s’ouvre, et …. Thierry est là, pile devant. La classe.
Quelques minutes plus tard, nous retrouvons Miyuki avec un grand plaisir et faisons la connaissance de Florence, marseillaise pur jus qui se révèlera une adorable compagne de route.

Très vite nous plongeons dans notre premier Shinkansen, ces trains à très grande vitesse qui circulent à travers le pays avec une très grande fréquence et une régularité totalement inconnue en France, les fameux « bullet trains », d’une ligne futuriste à l’aérodynamisme animal. Nous rallierons Kyoto en moins de 3 heures pour un trajet de plus de 500 km.
Une particularité technique à signaler : les rangées de sièges (3 places) pivotent à volonté sur un axe central de manière soit à voyager toujours dans le sens de la marche soit à créer un petit carré intime, tout en bloquant les valises entre les rangées se faisant dos. Génial sens de l’organisation japonais!

Arrivés dans l’ancienne capitale, la première impression visuelle de cette gare ultra-moderne surplombée par la Kyoto Tower est trompeuse, qui tranche totalement avec le style beaucoup plus classique de la ville, avec ses anciennes maisons, ses temples... Arrivés à l’hôtel à deux pas de là, nous signons de suite pour devenir membres de la chaine Toyoko-inn et nous installons. Pour nous plonger dans le bain tout de suite, le soir Thierry-san nous amène dans un premier izakaya où après nous être déchaussés et avoir laissé nos chaussures dans de petites consignes, car dans nombre de petits établissements avec plancher bois, on ne pénètre qu’en chaussettes (il en est de même pour les temples) nous dégustons quelques succulents petits plats de poisson
cru, dont une surprise euh…très exotique, le Shirako, sperme de poisson qui passera cependant plus facilement à grandes rasades de Atsukan, saké chaud. Cette fois-ci, c’est très clair, nous sommes bien au Japon !!


Vendredi

Il a neigé cette nuit, et ça continue à tomber ; il neigera toute la journée…
Nous prenons le rythme que nous tiendrons pendant 11 jours, soit environ une bonne quinzaine de km de marche dans la ville, bien couverts de plusieurs couches, pour relier les sites d’intérêt que nous allons visiter. Ainsi, sous la neige qui transforme certains quartiers en  villages alpins pendant les sports d’hiver, nous visitons le temple de Kiyomizu-dera (798), une merveille d’architecture bois classée au Patrimoine mondial de l’humanité, surplombant sur des pilotis les collines boisées avoinantes superbement parées du grand manteau blanc…hélas, une bonne partie du temple est fermée au public pour cause de rénovation. Quelques jeunes femmes sont habillées de manière traditionnelle, et déambulent nonchalamment avec leurs petites
sandales en bois (des zori) et leurs soquettes blanches à deux doigts, dans une neige épaisse et très humide… Pas trop farouches, elles se laissent photographier aisément, fières de leurs atours bariolés.
Une promenade dans Gion, le quartier où se cachent les geishas (LN a aperçu furtivement une silhouette entre deux portes) nous ravit aussi de ces vieilles maisons en bois dont l’enseigne au ballon de papier rouge identifie justement les maisons de thé où elles travaillent, puis d’une bonne soupe de nouilles (râmen) au poulet arrosée d’une bière reconstituante!

Le soir nous dînons dans un petit établissement chaleureux où les omelettes fourrées (Okonomiyaki) sont cuites devant nous sur une plancha centrale à laquelle nous sommes accoudés. La neige tombe toujours, les berges de la Kamo-Gawa (la rivière des crapauds) sont blanches… on commence à s’inquiéter pour la course de dimanche…

Samedi matin. Il tombe des cordes, mais plus de neige, le marathon aura bien lieu.

Au programme du jour, Kennin-Je, le plus vieux temple zen de Kyoto, avec ses jardins zen au gravier ratissé au peigne fin, et ses peintures médiévales somptueuses dont une représentation des Dieux du Vent et de la Foudre, ses pavillons sacrés... Mais en chaussettes sur les terrasses extérieures en plancher, on se caille gentiment les doigts de pied malgré mes chaussettes à cinq doigts offertes par Thierry dans une boutique où la vendeuse était une jolie miss avec un fort accent… du Sud-Ouest, et dont je deviens fan (des chaussettes).

Un déjeuner dans une petite auberge nous propose une spécialité peu connue : le propriétaire à l’instar de nombreux japonais est un fan de ces carpes géantes aux multiples couleurs très vives, les Koi, qu’il élève dans un bassin naturel dans le petit jardin attenant. Magnifiques spécimens tachetés dont la vedette est la blanche avec une unique grosse tache rouge orangée sur la tête, le drapeau national… on en a revu ensuite dans plusieurs jardins entourant des temples…

L’après-midi est consacré à un passage à l’Expo marathon, hyper bien organisée mais avec un gros défaut pour un marathon dit international, c’est que presque tout est écrit en japonais jusqu’à la brochure officielle ! Je me suis offert encore quelques paires de chaussettes techniques 5toes et un joli polo signé Kyoto2014. C’est en effet une serviette Finisher, coutume japonaise, qui récompensera les valeureux demain après-midi, et non pas le classique T-shirt.

Thierry et Miyuki arborent leur jacket siglée « challenge KyoToKyo, 2 marathons une semaine » ; challenge que j’espère encore pouvoir réaliser même si je n’ai toujours pas trouvé de dossard pour Tokyo.
Et le soir nous allons manger quelques pâtes en centre ville ; une sorte de grande brasserie à l’occidentale, à l’éclairage blanc agressif, et où les jeunes se retrouvent, collés à leur smartphone ; délicatesse japonaise :
les toilettes de cet endroit diffusent du Vivaldi dès que l’on manoeuvre la cuvette, masquant ainsi les bruits indésirables… Et dehors, dans ce quartier central et ses avenues commerçantes couvertes (shopping arcades), on remarque qu’il est interdit de fumer, comme le rappellent des marquages au sol ! En sortant nous allons jeter un oeil dans un « pachinko », gigantesque salle de jeux électroniques, bruyant à en laisser ses tympans sur place, où quelques addicts passent la journée accrochés à des bandits manchots.


Dimanche matin

Les Dieux du marathon ont encore frappé : la pluie a cessé vers 7 heures, le ciel est bien dégagé. Bon, il fait tout de même moins de 5°C et un petit vent glacial nous enveloppe dès que nous sortons de l’hôtel. Un train nous amène sur le lieu du départ, le Stadium et sa belle piste d’athlétisme qu’un grand panneau électronique au logo du marathon surplombe. J’ai adopté une tenue medium, skins haut et bas, un coupe –vent sans manche, buff et casquette France Olympique, le drapeau
tricolore sur les joues pour peinture de guerre, et un poncho jusqu’au moment du départ, car ça caille sévère.

Il est interdit de vider sa vessie dans le caniveau ou derrière un buisson ; les coureurs sont très obéissants aux consignes et respectueux de la règle, et surtout ce n’est pas dans les moeurs locales, Nous avons donc amené des bouteilles vides au cas où... un petit échauffement de 20 minutes sur la piste pendant les discours officiels pour lutter contre le froid, et le peloton est lâché à l’heure prévue. Le ciel est maintenant totalement bleu.


Après 3 km plats, le profil devient montant. Au 5ème, on longe la rivière Katsura sur fond de montagnes enneigées, c’est superbe, un décor de film. Le parcours sinue maintenant au milieu de petites maisons de banlieue quelconques, mais le public est très chaleureux, distribuant des « Gambatte ! », le Vamos local, à gorge déployée. Des petits enfants aux mamies, tous sont très enthousiastes, les bénévoles arborent un grand sourire permanent… On tape dans des mains sans arrêt !
Les coureurs toujours très obéissants ne jettent pas leurs sweatshirts ou sacs poubelles ou ponchos sur le bord de la route, mais les donnent aux bénévoles très nombreux quitte à se détourner ou s’arrêter.
Impressionnant Japon !

Au km 9, une jolie forêt de bambous d’une bonne dizaine de mètres de haut se découvre. Plus loin, de jeunes moines animent le peloton de leurs encouragements et quelques orchestres de tambours japonais nous redonnent de l’énergie.

Ca grimpe régulièrement, jusqu’au km 18, mais tout va bien. Au semi (1h46’52), une grosse difficulté attendue car bien visible sur le profil de la course me fait courber l’échine, une montée violente sur un pont en virage qui nous fait déboucher sur un espace forestier après la traversée d’un tunnel d’environ 300 mètres, une portion plate dans laquelle je vole, ma foulée est dynamique, avec amorti en souplesse et un beau retour d’énergie, mon moral au beau fixe ; et soudain en 3 – 4
km, comme bien souvent ça se gâte : au km 28 je tape sur le sol, je deviens rigide ! Le sentant sans doute, les bénévoles aux ravitaillements s’époumonent comme s’ils voulaient que l’on aille prendre du réconfort  énergétique chez eux et pas en face! On se croirait au marché, ça fait un bruit d’enfer !!

Km 25, j’entends un grand « Vas y…Loulou !!! » pas très japonais… à l’arrivée, Thierry me rappellera que c’était lui, que je n’ai pas vu…3 km plus tard, je croise Miyuki, toujours souriante, on se tape dans la main.
Km 33 ; le profil redevient bienveillant, un chemin de terre battue longeant la rivière Kamo en légère mais continue descente pendant 4 km avec qui plus est le vent dans le dos nous permet de relancer considérablement. Pour nous amener au km 38 à une dernière difficulté, une belle côte bien pénible d’un km ; c’est le nez dans les chaussures, tendu comme un arc, courbé comme un vieillard malgré les encouragements de la foule, que je la monte.

Quelques virages et une descente plus tard, la fin de parcours nous offre une arrivée plutôt favorable, malgré un dernier léger faux plat montant au 41ème km. Virage à gauche, on se croise sur une dernière épingle, je salue la foule dans la ligne droite de gloire et coupe mon chrono sous l’arche à 3h38:21, mon nouveau (et premier) record d’Asie.


Mon 5ème continent… bonheur et étonnement à la pensée des km qu’il m’a fallu parcourir pour réaliser ce beau challenge… seul européen dans le paquet, on se congratule entre finishers souriants, on me remet une jolie médaille autour du coup et une serviette Finisher. Les bénévoles font une haie d’honneur aux coureurs, avec les sacs rangés au millimètre derrière eux. Organisation parfaite, pas d’attente, pas de bousculade, que des sourires ! Je me fais tirer le portrait avec ma médaille et pars vers le bâtiment de l’Expo pour aller attendre 5Toes et Miyuki.

Sur place sont proposés massages et soins à qui en a besoin, ainsi qu’une petite soupe de bienvenue.

Mes traditionnelles nausées post-effort intense ne tardent pas à arriver…je me suis mis minable pour tenir la cadence et tout lâcher pour décrocher un record d’Asie honorable. Ce sub-3h40 me convient très bien. Ça nous donne France et Europe 3h 31 (Annecy), Afrique 3h39 (Marrakech), AmNord 3h34 (Québec), Asie 3h38 (Kyoto donc) et AmSud 4h30 (Kourou, aaaargh, l’équateur).

Le soir c’est dans un petit resto traditionnel du centre ville que nous fêtons toutes ces nouvelles médailles, avec un petit salon cloisonné de bois et papier pour nous tous seuls, fermé par un panneau de bois coulissant, la table à hauteur de plancher, un décoché pour les jambes dessous, et les serveurs qui nous apportent les plats les uns après les autres agenouillés dans le couloir pour être à notre niveau. Tradition et modernité, Miyuki passe les commandes successives via une tablette connectée aux cuisines…poissons sous toutes ses formes, crus ou en friture, bières fraiches et saké chaud coulent à flots…


Le lendemain nous allons faire une petite virée à Osaka en train, nos Japan Pass Rail incluant toutes les lignes gérées par la compagnie JR, on amortit ! Le château d’Osaka (Osaka-Jo, Yamazatoguchi demazugata, 1585) est une merveille d’architecture médiévale japonaise, au milieu de son grand parc et entouré de profondes douves ; sous le soleil c’est le bonheur du photographe.

Dans le quartier Shinkensai, genre de mini LasVegas de série Z, que surplombe la tour Tsutenkako, sorte de tour eiffel exotique, le dieu Billiken , « the God of things that they ought to be », sorte de gnome facétieux, nous sourit à tous les coins de rue. Un mauvais petit resto (eh oui, on n’était pas accompagnés par les locaux) et nous rentrons sur Kyoto contents de cette escapade.

Mardi, pour notre dernière journée kyotoïte, dans le froid persistant et sous quelques flocons éparts, une bonne marche et un bus nous emmènent au Château Nijo (Nijo-Jo, 1603) édifié par le Shogun Tokugawa.

Puis nous déjeunons au comptoir d’un petit établissement tenu par un couple de Papy-Mamie, en nous régalant d’une assiette de riz – curry juste à côté de la vedette du jour, le célébrissime Pavillon d’Or, (Kinkakuji) sublime bâtisse recouverte de feuilles d’or dont l’élégante silhouette se reflète dans l’étang sur lequel elle se dresse. Simplement beau classé au patrimoine mondial de l’UNESCO… Je crois que c’est la plus belle photo du séjour. De plus, le pavillon est magnifié par le grand jardin japonais
tout en rondeurs et dénivelés qui lui sert d’écrin dans le parc du Rokuonji ; c’est vraiment un endroit magnifique et reposant. Nous y avons aussi observé avec un étonnement tout ouest-européen une dame agenouillée dans la pelouse en train d’enlever les mauvaises herbes avec un petit grattoir… !

L’après midi nous faisons un peu de shopping dans la très très longue rue Teramachi, interminable voie piétonne commerçante couverte qui propose des vêtements, des souvenirs, mais surtout de la nourriture, des poissons, légumes et fritures en pagaille.


Nous retrouvons le Shinkansen pour Tokyo mercredi matin, et après quelques heures de route tranquille avons soudainement droit au « bonus Touriste » : alors que nous discutons entre nous dans notre carré et qu’un passager de notre voisinage immédiat se prépare à aller s’installer à une place libre qu’il vient de repérer dans la rangée de l’autre côté du couloir, je tourne la tête dans cette direction et je LE vois, immense, majestueux, le dôme couvert de neige… le Mont Fuji ! Je bondis à l’endroit espéré par notre compagnon anonyme, prend place, et dégaine mon appareil photo pour un mitraillage en règle alors que le
train le contourne. Plaisir des yeux d’assister à un spectacle mythique !
Lorsque le Fuji s’éloigne, je rejoins mes amis, m’excuse auprès du quidam un peu surpris et lui cède sa place !


Dès l’arrivée (le voyage est si rapide !) on se rend compte que si Kyoto, bien qu’étant la ville aux mille Temples (c’est moi qui le dis) nous a impressionnés par sa partie moderne, la gare, ses tours, elle reste une aimable ville de province par rapport à la capitale (la plus grande agglomération du monde avec 32 millions d’habitants), que l’on prend en pleine figure dès l’arrivée à Shinjuku, la plus grosse gare de métro du monde avec ses 3 niveaux, ses 50 sorties, et sa foule impressionnante.
C’est un vrai défi moderne que d’affronter ce métro aux lignes qui changent de nom à une station car gérées par plusieurs compagnies, ses plans en japonais, ses distributeurs de tickets où l’on paye selon la distance parcourue, régularisable en sortie…Heureusement que nous sommes guidés.

Shinjuku, c’est Pigalle en version XXL avec ses panneaux lumineux monstrueux, ses écrans géants aussi sonores que lumineux aux carrefours qui évoquent Blade Runner, des love hôtels par dizaines, des karaoké, des boîtes variées aux guetteurs au milieu des rues piétonnes.
Notre hôtel est situé ici, on prend vite des repères visuels pour ne pas se perdre dans ce monde nouveau.

Un détour dans le quartier Asakusa, le plus connu des temples de Tokyo et ses rues touristiques, et nous allons diner à Shibuya, le quartier branché.

Shibuya, c’est Times Square puissance 10, on marche le nez en l’air sauf au carrefour piéton le plus peuplé du monde (encore!) Aux feux rouges, ca déboule de partout, une marée humaine, j’ai vraiment vu les vagues arriver au centre se croiser, s’absorber et se dissocier, le tout sans heurt, sans agressivité aucune, incroyable tempérament tout en retenue… nous dinons ici dans un resto très prisé où le chef vient préparer quelques sushis devant nous. Délicieuses spécialités encore une fois… avec bière et saké chaud.

Le lendemain, c’est le marché aux poissons de Tsukiji que nous sommes allés visiter, juste après la criée. On n’était pas très motivés pour se lever tôt avec une probabilité somme toute assez faible de pouvoir rentrer …
malgré tout ça valait le déplacement, le plus grand marché au poisson du monde nous a permis de voir quelques belles pièces (mais aussi d’énormes têtes dans les bacs, à jeter…ou pas, les japonais en étant très friands) Une visite dans le quartier de Ginza nous a ensuite permis d’admirer les tours des grandes marques, luxueux ensembles rivalisant d’idées architecturales.

Changement de décor l’après-midi, avec la découverte du musée d’Edo (Ryogoku) et ses tranches d’histoire du japon, la maison du Sumo hélas fermée au public, puis à nouveau un autre univers avec Hakihabara, (« quartier électronique - Electronic City ») et ses boutiques dédiées aux bidouilles informatiques et aux jeux vidéo, une avenue criarde de panneaux lumineux, tous les buildings en sont couverts…

Une virée vers le très grand et très beau jardin du Yasukuni Shrine le lendemain, grand parc aux promenades bucoliques sous les pins cachant un grand temple et un musée.

Le temple Meiji sera notre dernier Temple avant de tourner autour des jardins impériaux où enfin j’ai pu apercevoir des runners, et par dizaines ! On se demandait où ils couraient, car jamais on n’en avait vu un dans les rues ; ils s’entraînent dans les parcs, le mystère était levé !
Le soir avec Flo, nous sommes allés tester une autre curiosité, le « Kaiten Sushi », un concept d’établissements dans lesquels la cuisine au centre approvisionne en continu un anneau tournant en petites assiettes avec un sushi unique, que les clients attrapent au vol et mangent installés autour de ce circuit. On paye à la sortie selon le nombre d’assiettes avalées. Très surprenant, sympa, on a juste tendance à manger beaucoup !

Samedi nous nous sommes consacrés à la préparation psychologique au marathon ; difficile pour moi car toujours sans dossard, en fait la loterie du mois d’août m’avait rejeté ; avec 303000 demandes pour 36000 dossards, la probabilité n’était pas grande… mais je caressais l’espoir d’un deal plus ou moins licite de dernière minute ; on avait bien eu une accroche par internet mais l’après midi à l’Expo anéantira cet espoir ; d’autant que m’étant planté devant la sortie de l’Expo en question avec un petit panneau « injured ? I buy your bib » pendant une heure sans succès, je me suis fait éjecter poliment mais fermement par
l’organisation : on ne rigole pas avec le règlement ici…

Cette Expo est gigantesque, une organisation au carré pour le retrait des sésames, et une partie commerçante impressionnante ; j’y ai acheté un T-shirt souvenir du marathon pour ne pas rentrer totalement bredouille…
Nous sommes partis nous balader dans ce quartier d’Odaiba, île artificielle reliée à la ville par un grand pont digne des ponts new-yorkais, évocation renforcée par la présence d’une statue de la Liberté juste devant ! Cet espace gigantesque bardé d’énormes buildings flottant dans un espace minéral très dégagé et quasi désert fait penser à une version futuriste de Brasilia ; une statue géante d’un super-robot sorti tout droit des mangas ne dément pas cette vision…

Samedi soir nous avons diné pas vraiment de pâtes mais de spécialités locales de poissons et de yakitori dans un izakaya de Shinjuku avec quelques amis coureurs de Thierry et Miyuki fraichement débarqués de Hong-Kong ou Singapour, extraordinaire fraternité des runners de l’autre bout du monde ! En particulier « SP », un petit bout de femme toute menue qui enquille les 50km à dénivelée ++ comme d’autres enfilent des sushis un soir de déprime…

Et dimanche, ce qui aurait du être le point d’orgue sportif du séjour arriva ! Nous sommes donc allés Flo, LN et moi, jouer les groupies de nos hôtes, et en jouant du métro comme des pros, de Shinjuku à Ginza jusqu’à Odaiba, nous avons pu admirer et acclamer les marathoniens du jour ; on a crié « Gambatte », on a tapé dans des mains, on a pris des photos…. Un peu amer pour moi, mais malgré tout j’ai aimé le spectacle, donné par beau temps par chance, mais qu’est-ce qu’on a eu froid ! Il est
même tombé quelques flocons à Ginza, avant que le ciel ne se dégage totalement. Miyuki et Thierry (qui a tordu ses aiguilles avec un chrono oublié depuis quelque temps !) ont réussi leur doublé historique KyoToKyo et méritent définitivement d’en arborer le logo dans leur dos.
C’était déjà l’heure du banquet de fin d’aventure, un dernier repas le soir sur parquet bois où l’on se déchausse une dernière fois (du moins je crois, l’émotion brouille ma mémoire… ou était-ce le saké chaud), et il fallait boucler les valises… le gros avion nous attendant le lendemain midi.


Air France nous fit le cadeau surprise d’un beau surclassement, ce qui adoucit notre peine de quitter nos amis et ce beau pays…le soir même, décalage horaire favorable aidant, nous étions à Bordeaux , les yeux pleins d’étoiles… sayonara Japan , arigato gozaimasu !!

KOUROU 2013 – Rencontre avec mon totem
Le jour où la chrysalide a éclos
 

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Invité
dimanche 24 mars 2019